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Entreprises familiales au Togo : transmettre l’héritage, préparer l’avenir
Comment éviter qu’une entreprise familiale disparaisse avec son fondateur ? C’est la question au cœur de l’Afterwork Familles & Repreneurs, organisé le vendredi 23 octobre à l’hôtel Sancta Maria, à Lomé. Initiée par Eyram Koffidjin, fondatrice de la plateforme Transmission & Héritage, avec le…

Comment éviter qu’une entreprise familiale disparaisse avec son fondateur ? C’est la question au cœur de l’Afterwork Familles & Repreneurs, organisé le vendredi 23 octobre à l’hôtel Sancta Maria, à Lomé. Initiée par Eyram Koffidjin, fondatrice de la plateforme Transmission & Héritage, avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), la rencontre a permis aux chefs d’entreprise, aux familles entrepreneuriales et aux repreneurs de confronter leurs expériences autour des difficultés de succession, des défis de la reprise et des moyens d’assurer la continuité des entreprises au-delà de ceux qui les ont bâties.
Derrière les réussites entrepreneuriales se cachent souvent des années de sacrifices, de travail et de décisions qui ont permis de bâtir un patrimoine. Mais lorsque vient le moment de passer la main, l’attachement familial ne suffit pas toujours à garantir la continuité de l’activité. C’est ce constat qui a conduit Eyram Koffidjin à créer un cadre où les générations peuvent aborder ouvertement le sujet. « La transmission ne saurait être l’affaire d’une seule génération. Elle est le fruit d’une rencontre entre l’expérience de ceux qui ont construit et la vision et les aspirations de ceux qui prendront la relève », a-t-elle rappelé.
Les témoignages de deux repreneuses, Larissa Yeto, du Bénin, et Carmen Symenouh, du Togo, ont illustré les enjeux de la transmission des entreprises familiales. En partageant leurs expériences d’héritières engagées dans la poursuite d’entreprises familiales, elles ont mis en lumière les difficultés liées à la prise de responsabilités et à la continuité des activités, mais aussi les réussites qui jalonnent leurs parcours et leurs ambitions pour développer les entreprises reprises. Pour elles, hériter d’une entreprise, c’est recevoir bien davantage qu’un actif : c’est assumer une histoire, répondre à des attentes et trouver sa propre manière de faire évoluer une activité déjà établie.
Les échanges ont ainsi rappelé l’importance du dialogue familial dans la préparation de la transmission et la réussite de la reprise d’une entreprise. Entre les attentes des fondateurs et les aspirations des repreneurs, les incompréhensions peuvent fragiliser une succession pourtant porteuse de potentiel. À l’inverse, une préparation anticipée, une meilleure connaissance de l’entreprise et une répartition claire des responsabilités peuvent faciliter le passage de relais. Le film Mawu-Sika, présenté par Steven AF, est également venu nourrir la réflexion sur les réalités entrepreneuriales et les enjeux de transmission.
Parrain de l’événement, le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi Symenouh, a rappelé la portée économique de cet enjeu. « Créer une entreprise est un défi. La faire grandir en est un autre. Mais assurer sa continuité au-delà de son fondateur constitue une responsabilité tout aussi importante », a-t-il souligné. La disparition d’une entreprise faute de relève ne représente pas seulement une perte pour une famille. Elle peut aussi entraîner celle d’emplois, de compétences, de savoir-faire et d’années d’expérience accumulées.
Le président de la CCI-Togo a notamment évoqué l’exemple des Nana Benz, figures de l’entrepreneuriat féminin togolais, dont certaines ont bâti des entreprises importantes avant de les transmettre à leurs enfants. Leurs parcours illustrent la force de l’initiative entrepreneuriale, mais rappellent aussi que la transmission ne garantit pas, à elle seule, la pérennité de l’activité. « Transmettre ne signifie donc pas simplement léguer une entreprise. C’est aussi transmettre une vision, des compétences, des valeurs et la capacité de poursuivre une œuvre tout en lui donnant un nouvel élan », a-t-il insisté.
Pour accompagner cette dynamique, la CCI-Togo travaille notamment à la mise en place d’une plateforme de reprenariat destinée à rapprocher les entreprises qui souhaitent céder leur activité des entrepreneurs intéressés par une reprise. Le recensement des entreprises familiales figure également parmi les pistes de réflexion portées par le président Symenouh. Il permettrait de mieux connaître leurs parcours, leurs difficultés et leurs perspectives, afin d’identifier les besoins et d’envisager des formes d’accompagnement adaptées.
Depuis le lancement de Transmission & Héritage, le 28 août 2025, Eyram Koffidjin s’attache à encourager les échanges entre ceux qui ont bâti les entreprises et ceux qui ambitionnent d’en assurer la continuité. Placée sous le thème « Famille & Entreprise : Construire, Transmettre et Pérenniser », cette édition entendait justement favoriser le dialogue entre les générations et permettre aux familles d’aborder des questions parfois difficiles à évoquer.
Les témoignages et les échanges ont rappelé qu’une entreprise familiale ne se transmet pas uniquement par un héritage. Sa continuité repose sur la préparation, l’apprentissage et la confiance entre les générations. Lorsque la relève familiale n’est pas possible, la reprise par un entrepreneur extérieur peut également offrir une nouvelle perspective. L’enjeu est d’éviter que le départ d’un dirigeant ne signe la fin d’une activité viable et de donner aux entreprises togolaises les moyens de poursuivre leur histoire.
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